LOZA MALÉOMBHO, UNE ARTISTE PASSIONNÉE

11 - 07 - 2012 | Chon Crick

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Par le biais de cette phrase, Pierre Corneille, écrivain du 17ème siècle et par ailleurs auteur du Cid, met évidence l’idée suivante : le talent n’a pas d’âge. Et, chez Atyto, nous partageons cet avis. C’est dans cet état d’esprit que nous sommes allés, il y a quelques semaines de cela, à la rencontre d’un « jeune talent », Loza Maléombho. Gros plan sur cette jeune artiste.    
Frais. Un vent frais souffle sur la terrasse sur laquelle nous sommes. Comme si ce vent annonçait quelque chose de frais, de nouveau…Il est approximativement dix-huit heures, au moment où l’échange débute. La jeune femme que nous avons le plaisir d’interviewer est une femme d’une vingtaine d’années. Elle vient d’obtenir le prix Emerging Designer Of the Year. Ce prix obtenu lors de la Fashion Week 2012, à Lagos, récompense les valeurs montantes d’aujourd’hui qui, demain, seront les principaux acteurs de la mode. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle fait bel et bien partie des personnes à suivre. Lorsqu’elle nous révèle qu’elle vient d’obtenir ce prix, il y a quelque chose qui saute tout de suite aux yeux : sa joie mesurée. Comme si elle vivait cette notoriété relative de façon pudique. Mais, elle est ravie parce que ce prix récompense, en quelque sorte, une aventure qui a commencé il y a maintenant une demi-dizaine d’années.  

Milieu des années 2000. Loza Maléombho, jeune femme longiligne, se trouve à la croisée des chemins. Passionnée, à la fois par les ordinateurs et la mode, elle hésite entre poursuivre ses études d’infographiste à New-York, la ville où tout devient possible, et assouvir enfin sa passion pour la mode. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours été attirée par la conception, l’élaboration. « J’aimais faire des dessins pendant toute la journée », nous confie-t-elle. Elle opte finalement pour la mode. Son choix intervient après plusieurs séjours à l’étranger, en Inde notamment. Là-bas, elle se rend compte que la main-d’œuvre est bon marché et qu’elle peut bénéficier de pareilles conditions, dans ce pays où elle a longtemps vécu, la Côte d’Ivoire. Sûr d’elle, elle se lance alors dans la confection de vêtements. Entre petits boulots et croquis à réaliser, la jeune femme née au Brésil concilie travail et passion.  

Nous sommes en 2009. Après deux mois passés à dessiner, redessiner, faire, refaire les pièces de sa première collection, elle se lance enfin. Une vingtaine de pièces pour le défilé, organisé à New-York. Elle voulait tester le marché, mais visionnaire, elle savait déjà qu’il y avait des chances que son mélange entre tradition africaine et modernité européenne séduise. Engouement rapide. Il faut maintenir ce qu’on appelle communément le buzz. En dépit d’un emploi du temps chargé, elle fait elle-même sa…publicité. Blogs, Facebook, etc. Tout y passe. Intrigués, nous lui demandons pourquoi elle a tout fait-elle même alors que la demande est déjà forte. « Je me levais le matin, très tôt. Puis, j’envoyais des mails aux blogueurs, aux magazines. Puis, après le boulot, je répondais aux mails que j’avais reçu ». Simple, mais terriblement efficace. 

La jeune fashion designer est consciente. Consciente d’appartenir à une génération qui peut s’auto-promouvoir. Elle utilise donc les outils mentionnés ci-dessus. Elle s’en sort plutôt bien puisque les fans, les professionnels sont toujours restés à l’écoute. Des commandes spéciales ont ainsi été régulièrement passées. Elle a su par le biais de sa page fan, lozamaleombho,  maintenir un lien avec ceux qui la suivent. Ajouté à cela le fait qu’elle développe, cliché après cliché, son goût pour la photographie et vous obtiendrez ainsi les ingrédients de son succès.
L’échange qui dure depuis bientôt une heure touche à sa fin. Et pour autant, elle manifeste encore l’envie de discuter, d’apporter des précisions. Alors que la nuit s’installe paisiblement et avec son cortège d’étoiles, elle finit l’interview en anglais. Elle préfère s’exprimer dans la langue de Shakespeare de peur de ne pas trouver d’équivalent en français. Et, elle finit par lâcher la phrase suivante. : « Use your passion for something great ».Ce qui signifie littéralement : « Utilise ta passion pour faire quelque chose de grand ». Silence. Nous levons les yeux de notre bloc-notes et nous la fixons. Et soudain, nous comprenons ce à quoi elle faisait allusion lorsque quelques minutes auparavant lorsque nous lui avons demandé ce qu’elle pensait de la vague afro qui envahit les magazines en papier glacé, les podiums des défilés de mode. « C’est une tendance qui va passer », affirme-t-elle. Et elle s’empresse de préciser que ce qu’elle fait, à savoir le mix entre folklore et modernité, ne s’inscrit pas dans cette tendance.  
L’originalité de Loza Maléombho provient du fait qu’elle ne se contente pas d’associer des matières différentes.

Elle essaie, à travers ses collections, de sublimer ce qui nous entoure. L’inspiration de cette globetrotteuse varie en fonction de ses découvertes, de ses voyages. Pour sa dernière collection, elle s’est largement inspirée de la culture touareg. Elle a associée le turban que les touaregs arborent et le pagne kita, cher à notre pays. En plus d’avoir réussi à faire des choses funky, comme elle le souhaitait, les pièces proposées sont portables.  
En outre, la styliste met à point d’honneur à venir en aide aux gens. Elle emploie ainsi plusieurs dizaines de femmes. Elle espère bientôt pouvoir employer une centaine. Elle part du principe qu’en aidant ses femmes, elles sauront redistribuer convenablement leurs gains. En un mot, elles seront capables de subvenir aux besoins de leur famille. Use your passion for something great, voici à travers cet exemple concret ce dont il s’agit.  
Dernière question avant que l’entretien ne se termine. « Pourquoi avoir choisi ton nom Loza Maléombho plutôt qu’un autre ? ». Ce à quoi elle répond : « C’est une autre interprétation de ma personnalité », nous confie cette touche à tout.   Le vent continue de souffler, mais de manière moins forte. Loza Maléombho retourne vaquer à ses occupations. Elle prépare activement sa prochaine collection, prévue pour le mois de Septembre. Nous salivons déjà à l’idée de voir ce que cette modéliste, qui arpente  les rues abidjanaises avec son appareil photo, à la recherche d’images fortes, nous réserve. Il y a fort à parier que la magie saura au rendez-vous.        



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