LEBRON JAMES : L’ÉLU RECONTRE ENFIN SON DESTIN

09 - 07 - 2012 | Yves Ali

8 Juillet 2010. Après sept saisons passées dans les rangs des Cleveland Cavaliers, Lebron James, alors free agent, annonce sa décision de rejoindre Dwayne Wade et Chris Bosh au Miami Heat lors d’une émission de télé spéciale. Une bombe médiatique vient ainsi d’être lâchée. En effet, personne au sein des instances dirigeantes de la franchise de l’Ohio n’est au courant de la décision de James lorsqu’il l’annonce à la télévision. En l’espace de quelque secondes, celui qu’on surnomme «l’élu» vient de passer du statut de sportif le plus aimé et le plus adulé des États-Unis à celui de personnalité la plus détestée du pays, tous domaines confondus. Inélégance caractérisée ou simple erreur de communication d’une jeune star ? Cet événement, baptisé «The decision» et regretté depuis lors par Lebron, venait en rajouter aux critiques déjà nombreuses dont la jeune star du basket faisait l’objet pratiquement depuis son arrivée en NBA. Mais l’objectif pour lui est alors clair. Il veut se donner les moyens de remporter un titre qui lui échappe chaque fois qu’il s’en rapproche.
UNE SI LONGUE HISTOIRE D’AMOUR
Les critiques, le natif d’Akron dans l’Ohio n’en aura jamais été épargné. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir battu des records de précocité en NBA. Parmi les records, il y a notamment celui du plus jeune joueur de l’histoire de la ligue à marquer plus de deux mille points, plus jeune joueur de l’histoire de la ligue à réaliser un triple-double, etc. Plus que les trophées individuels, ce sont les titres collectifs que les observateurs attendent. L’attente autour de lui est grande. Celle-ci est on ne peut plus logique si on tient compte du fait que les médias le présentent depuis son jeune âge comme le successeur de Michael Jordan. Autre exemple, lors de la draft de 2003, les Cavaliers le choisissent en première position devant la superstar des Knicks de New-York Carmelo Anthony, Dwayne Wade et Chris Bosh. Il est bon de mentionner que si l’histoire d’amour entre James et les critiques a duré aussi longtemps, c’est aussi surtout parce qu’elle a longtemps eu de quoi être entretenue.  Sur le terrain, il a toujours été reproché au «King» de ne pas être assez «clutch», c’est-à-dire de ne pas avoir l’âme du «tueur» dans les moments importants. À l’instar d’un Kobe Bryant, un clutch player ne tremble. Difficile d’oublier ce match quatre des finales 2011 qu’il termina avec seulement huit petits points au compteur…
Autre critique formulée à l’endroit de Lebron James, son attitude moqueuse à l’égard de ses adversaires. Son côté moqueur est à l’origine d’un vif accrochage avec Joakim Noah, l’intérieur des Bulls, lors d’un match de saison régulière en 2009. Immaturité et faiblesse mentale sont donc les principales critiques formulées à l’endroit de «King James», avant son sacre. Il restait à voir si Lebron aurait un jour les ressources nécessaires pour en venir à bout.
DÉCLIC PSYCHOLOGIQUE
«Perdre l’an dernier m’a remis en place. J’ai dû me regarder dans la glace et me dire que je devais être meilleur sur et en dehors du terrain.» 

Ces mots de James, lâchés au coup de sifflet final du dernier match de la saison, sonnent comme la cause de sa métamorphose. Meilleur, le jeune homme l’est d’abord devenu en dehors du terrain. De nombreux faits et des témoignages de joueurs et de proches font remarquer à quel point le jeune homme a changé. Il a notamment pris sous son aile une nouvelle recrue du Heat, originaire de l’Ohio comme lui, le meneur Norris Cole. Il y a aussi cette image où immédiatement après la finale NBA, il prend dans ses bras son ami malheureux Kevin Durant. C’est une image qui pourrait résumer à elle seule le changement opéré par la star du Heat de Miami. Côté coulisses, c’est un Lebron James plus concentré, avide de savoir et qui lisait, pour se faire, le livre autobiographique de son ami et rappeur Jay-Z, qu’on a pu voir.
Côté terrain, ce panier à trois points décisif inscrit dans les dernières minutes du match 4, alors que, pris de crampes, il ne tenait pratiquement que sur une jambe, prouve qu’il a bel et bien changé. À ce propos, son coéquipier Dwayne Wade affirme la chose suivante : «Il est devenu un joueur totalement différent. Il a l’air plus sûr de lui. Il a été excellent pendant tous les play-offs l’an dernier, jusqu’aux Finales. Mais il avait été moins bon lors du game 4 contre Dallas, et il avait laissé cela lui casser le moral. Il pensait trop» Aujourd’hui, il semble bien que le King se soit acheté un mental de premier choix, reléguant ainsi tous ces malheureux événements au stade de simples mauvais souvenirs…

THE KING UNLEASHED*
Une bête physique, James l’est très certainement. Les pénétrations rageuses et les dunks surpuissants dont il gratifie si souvent le public en sont depuis longtemps les plus éloquents des témoignages. Cette saison, Eric Spoelstra, le coach du Heat, a décidé de faire des extraordinaires qualités athlétiques de Lebron autre chose qu’un simple objet de spectacle.  
Le «King» a ainsi moins souvent shooté à mi-distance. À l’inverse, il a davantage joué en pénétration devenant ainsi pratiquement inarrêtable. Trop mobile et trop rapide pour que des intérieurs de gabarit sensiblement égal au sien puissent efficacement défendre sur lui, et trop puissant pour que des joueurs mobiles mais d’un gabarit moindre puissent le contenir. La solution la plus idoine semble être la prise à deux.  
Sauf qu’au vu de ses qualités de passeur, cet exercice est désormais très risqué. Avec une moyenne de passes décisives (7.4) lors de ces playoffs équivalente à celle des meilleurs meneurs de jeu de la ligue, James est clairement devenu un organisateur et un régulateur de jeu hors-pair qui fait même oublier la présence de meneurs de jeu dans son équipe.De même, sa moyenne de rebonds lors de ces finales témoigne tout aussi de ses qualités défensives : 10.2 rebonds.  
Affronter Lebron James, c’est très probablement affronter le joueur le plus complet de la ligue à l’heure actuelle.  
MVP de la saison régulière, MVP des finales, meilleur marqueur des playoffs avec une moyenne de 30.3 pts : Lebron James n’est plus un «King» potentiel. Il est désormais tout simplement «the King».  
*Le roi libéré



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