CES FANS QUI OUBLIENT DE SUPPORTER

09 - 06 - 2014 | Chon Crick

Dans la Rome Antique, ils étaient acclamés, idolâtrés, vénérés, ces gladiateurs aux muscles saillants qui se battaient jusqu’à la mort. Cette mort dans laquelle eux anciens esclaves, comme Spartacus, connaîtraient enfin le repos éternel avant de voir leur vie prolonger dans la légende. 
Des siècles après, même s’ils ont pour la plupart toujours cette ossature impressionnante, les « gladiateurs des temps modernes », passent, repassent et trépassent sous les coups des (télé)spectateurs, toujours en quête d’idoles. Ces admirateurs qui trop souvent oublient de les soutenir, dans les bonnes et surtout les mauvaises passes.

LA GUERRE DES CHIFFRES
Dans les salles climatisées ou près de pelouses ensoleillés, ils sont là. Vêtus d’un maillot de leur équipe, leur « team » comme on dit, ils suivent avec leurs yeux, « ambassadeurs de bonne volonté », leur star. Ils se régalent ainsi des démarrages en trombe de Messi le marcheur, des dunks rageurs de Lebron James. Ou encore des arabesques de Ronaldo, quand ce ne sont les paniers décisifs de Kevin Durant – récemment élu MVP – qui les enchantent. 
Football ou basketball, ballon rond ou ballon orange, ils traquent tous les moindres faits et gestes de leur vedette. La partie terminée, ces fans  absolus courent vers Youtube pour regarder encore et encore les exploits de leur joueur préféré, jusqu’à ce que leur cerveau hisse le drapeau blanc. Sans parler des chiffres qu’ils brandissent tel un bouclier dans des discussions (trop) engagées.
Capables de donner avec une exactitude terrifiante le nombre de buts récemment inscrits par les deux footballeurs, ou la moyenne de points des deux superstars NBA, les voici mathématiciens d’un soir. 
 Données à l’appui, ces passionnés érigent leurs avis en théorèmes, leurs pensées en formules. Faites de briques et de convictions, leurs « baraques à critiques » d’où ils tirent à blanc finissent par exploser à la première défaite. Quand le sport rappelle à tous que ces sportifs ne sont que des mortels. 
TÊTES DE TURC 
Oui, on a tendance à l’oublier et pourtant les rois de ces disciplines sont des mortels et par conséquent…faillibles. Malgré les performances toujours plus impressionnantes qu’ils réalisent, ces athlètes de haut niveau sont capables de passer à côté de leur match ou de leur saison.
C’est ainsi qu’avec stupeur, de nombreux fans barcelonais – privés de titre, cette saison - se sont subitement rendus compte que Messi…marchait.
Lionel qui marchait sur la tête de ses adversaires, multipliait les buts comme des petits pains n’est plus leur Messi. Ils l’accusent de traîner des pieds. Sauf que contrairement à un Wayne Rooney ou un Luis Suarez par exemple, le buteur argentin n’a jamais été un avaleur de kilomètres mais plutôt un briseur de défenses ! 

Quelqu’un qui voit la faille et qui s’y engouffre, à toute vitesse. Mais si Lionel Potter est généralement épargné, Ronaldo lui ne peut en dire autant.
« Trop beau » (tous les arguments sont bons), « trop prétentieux », « trop individualiste », les étalages d’un marché tout entier ne suffisent pas quand il s’agit de déverser sa haine envers le portugais au sourire éclatant. Tête de turc qu’on aime accrocher à son palmarès. Avec toutes ces critiques, on pourrait presque lui donner la nationalité de ce pays, qui attend encore que l’Europe accepte sa demande d’amitié.

LES ANTI DEVIENNENT (DES) PROS
La Turquie n’est pas la seule à envoyer des friend request. Les déçus d’hier deviennent les nouveaux supporters.
La critique facile, le pardon difficile, la lame de rasoir suffisamment aiguisée entre les dents pour dépecer le corps encore chaud de leur old team, et surtout la mémoire courte, ils s’amourachent de n’importe quelle autre équipe, pour peu qu’elle soit encore en lice. Moins disciplinée qu’une légion romaine, ces troupes exhibent pourtant avec la même fierté leur nouvel emblème.
C’est ainsi qu’au moment des playoffs de 2011, les anti-James se mirent à soutenir la vielle et vaillante équipe de Dallas, finalement victorieuse.
Cible inamovible des haineux, le joueur floridien a été il y a quelques jours rebaptisé Lecramp à cause de crampes qui l’ont empêché de terminer le Game 1 des finales. Philosophe, il a reconnu que : « La moitié de sa vie s’est passée devant les caméras et fait de moi une cible ».
Peu importe l’arme choisie, l’essentiel pour ces pros de la gâchette est que la critique fasse mouche. Cachés derrière un écran plat ou un écran tactile, ils ont fait leur choix et le font savoir: on ne supporte plus une équipe, mais on déteste un joueur.


Tant que nous évoluerons sous le règne de la dictature de l’immédiateté, on oubliera de les supporter. On laissera le soin aux supporters de foot anglais d’exhiber comme une poitrine opulente leur fidélité légendaire. Élevés aux mamelles Facebook et Twitter, « les jeunes loups » cèdent trop souvent à la critique.
Reste aux âmes charitables à leur rappeler que Rome ne s’est pas faite en un jour.



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