«JE», «TU», «NOUS» : PRONOMS (TRÈS) PERSONNELS

13 - 02 - 2014 | Chon Crick & Jo Davis

« Bonne fête ! », me dit-elle en m’embrassant. J’en fais autant avant qu’elle ne file sous la douche. « De quelle fête parle-t-elle ? », me suis-je demandé intérieurement. Paniqué, je saisis mon téléphone. Je comprends aussitôt. Aujourd’hui, c’est la Saint Valentin ! Normal que je me souvienne pas de « la foire aux sentiments ». A moins d’avoir hiberné, vous ne pouvez pas l’ignorer. Les réseaux sociaux, les réclames et autres moyens d’attraction ont uni leurs forces afin de célébrer la fête des cadeaux pardon des amoureux. Mais si la date d’aujourd’hui m’a échappé – et que « l’incident diplomatique » est proche – je n’ai rien oublié. Ni celui que j’étais avant notre rencontre, ni celui que je suis devenu, à ses côtés…   « Tu vas trouver quelqu’un », « Y a une fille pour toi qui t’attend quelque part ». Quelque part autrement dit dans la forêt amazonienne. Oui, quand les années avancent, ce sont les (mêmes) phrases qu’on nous ressort. A coup de phrases doucement martelées, on façonne notre esprit afin que le « jour J » nous soyons prêts. Mais, je n’étais pas…prêt. Ou plutôt, j’étais imprêt comme on le dit parfois. Amoureux de l’idée d’être heureux à deux, je faisais pourtant tout pour l’être seul. Mes ami(e)s avaient beau m’encourager, je les décourageais par mes refus, mes nombreuses feintes. Cristiano Ronaldo - et ses méchants dribbles – n’aurait pas pu test. Arrogant comme le voyant qui défie la nuit. Et puis, une nuit, ou plutôt un soir, un évènement s’est produit. Quand j’y repense encore, j’entends, je revois mes proches pousser un « Ouf ! ». Ils étaient soulagés alors que moi, j’étais pétrifié à l’idée de la rencontrer pour la première fois… Comme la plupart du temps, j’avais eu l’intégralité de son CV avant l’entretien. Ils m’avaient tout donné. Y compris son petit nom. Trois lettres comme pour une anagramme. « Original », me suis-je dit. Puis, au bout d’une (bonne) demi-heure de retard (pour tester ma patience, sans doute), elle fait son apparition. Ni trop grande, ni trop petite. Ni en forme, ni mince. Juste « comme il faut ». Elle se présente et lâche son prénom qui se termine par un « a ». Un de ces prénoms qui étrangement donne envie d’écrire une histoire avec les lettres restantes. Le dîner se déroule plutôt bien. Au fur à mesure que les minutes passent, les points d’interrogation deviennent communs. Et c’est tout sauf commun. Comme le fait d’employer avec une facilité déconcertante le « tu ». « Tu fais quoi ? », « Tu habites loin ? », etc. D’autres viennent s’ajouter. L’envie est là et partagée. Discrète, elle devient évidente quand au moment de prendre le pain, ma main touche la sienne. Léger trouble. La suite est une succession de perches tendues. Nous voici, Sergueï Bubka d’un soir. « Athlètes de la vie », intimement persuadés que celle-ci est une course de fond. Pas un sprint ! Alors, j’ai peut-être oublié qu’aujourd’hui c’est la Saint-Valentin. La communauté internationale risque peut-être d’intervenir d’une minute à l’autre, sans mandat…Mais j’ai depuis longtemps opté pour la « communauté des problèmes ». 

Oui, j’ai fini par abandonné mon « je récalcitrant », pour le « nous rassurant ». Ce « nous» qui sortira au moment où le serveur viendra prendre notre commande. Oui, je ne sais peut-être pas quel jour on est, mais je sais qu’il n’est jamais trop tard. Surtout quand il s’agit de pronoms (très) personnels.   « Vais-je le rencontrer bientôt ? », « Faites que je le rencontre bientôt », « Suis-je à un tournant de ma vie ? », questions et pensées du soir, bonsoir ! De quoi se donner des migraines sur un air de « Un jour, mon prince viendra… » . Un prince version « smartphone/barbe/costard » évidemment. L’autre avec sa cape peut rester chez lui ! En réalité, je n’attendais rien. Enfin, si un peu…Parce que cette légende qui veut nous faire croire que « c’est lorsqu’on s’y attend le moins que la rencontre se fera », croyez-moi, elle vit ses derniers jours ! 

Comment ne pas y penser alors que l’on est en pleine réalisation de ses désirs et ambitions ? Décidément trop de questions…Heureusement qu’il reste encore les copines pour en (re)parler en long et en large ! Jusqu’au moment où on en parle moins, pas du tout, voir « en d’autres termes ». Parce que tout porte à croire que c’est le moment... Une femme avertie en vaut certainement plus que deux ! Les renseignements ayant été préalablement pris et ce, auprès de plusieurs sources (techniques d’espionnage et de contre-espionnage obligent). L’étape du « que vais-je mettre ? » se termine tardivement sur quelque chose de chic mais pas « too much ».  L’air de dire : « Je suis prête pour toi mais tu n’arriveras jamais à bout de tous ces boutons ». Il est plutôt comme ce que j’avais entr’aperçu. Sans le costard forcément, troqué pour une veste non moins déplaisante. La suite semble logique. Tous les pronoms s’accordent : « Tu as raison », « Tu fais bien de dire ça…», « Tu penses à quoi ? » (me regardant fixement). Nuit singulière pour pronom pluriel. Nous voilà démarrant l’aventure. Main dans la main, c’est définitivement ensemble que nous écrivons les lignes de notre histoire. Cette sérénité qui nous caractérise me rassure.  « Rien ne sert de courir, tout vient à point à qui sait attendre ». Alors, si tu as une fois encore oublié la Saint-Valentin en te réveillant ce matin, j’ai confiance en ce que tu feras des douze prochaines heures. Histoire d’éviter…les problèmes ! Maintenant que nous avons « embarqué » dans ce périple qui je l’espère sera long, je repense encore à ce premier soir où tu n’as pas flanché devant le « nous » face aux appels incessants du « je ». Même si nous avons 365 jours pour le dire (oui oui), nous pensons également aux grands détracteurs des fêtes commerciales. A ceux qui n’ont que faire de cet élan d’amour… Bonne saint-Val...euh Saint-Consommation !



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