LE BRÉSIL N’EST PLUS !

11 - 07 - 2014 | Chon Crick

« Il faut respecter les personnes âgées » nous enseigne-t-on dès que nos premiers mots succèdent aux balbutiements, les cahiers aux bavoirs. Sur le long chemin qui mène du berceau à cette « boîte à une place », on croise des vieux et des vieilles. De temps en temps, on leur cède la place, parfois on leur rend visite. Visite de courtoisie où on s’assied près d’eux pour mieux écouter les histoires d’un passé autrefois glorieux où « ils étaient premiers de la classe ». Á force de les entendre radoter, entre deux gorgées d’eau, histoire de reprendre le fil, on perd lentement patience. Face à un Brésil au visage défraîchi et méconnaissable, une jeune et fringante Allemagne montra sept signes de mécontentement.  
UNE TELENOVELA SANS SUSPENSE
L’« omniabsence » d’un Neymar, et son maillot exhibé au moment de l’hymne, celle moins commentée mais tout aussi importante de Captain Thiago Silva, les 60.000 spectateurs assis dans cet Estadio Mineirao rénové y croient malgré tout. « Dieu est brésilien », dit-on là-bas. Alors, les 200 millions de brésiliens sont confiants. 200 c’est aussi en km/h, la vitesse à laquelle la Mannschaft réduit leurs espoirs en cendres. Trop rapide pour la défense auriverde emmenée par David Luz - et son brassard de capitaine, Müller étonnamment seul allume la première mèche du brasier. On ne joue que la 12ème minute et, Oscar et Bernard baissent déjà la tête comme s’ils sentaient déjà l’odeur incommodante de la défaite, celle qui pique les yeux. Le feu se propage alors rapidement chez le pays hôte, où la grogne flotte dans l’air. De la 22ème à la 29ème minute, les allemands sanctionnent chacun des errements défensifs d’une équipe maladroite à l’image d’un Fernandinho doublement fautif. Sept minutes au cours desquelles Klose devient – avec ce 16ème but - le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde, Kroos inscrit un superbe doublé et Khedira prouve qu’il sait faire autre chose que tacler. 5-0, les protégés de Löw réalisent le rêve de ces gosses qu’on prive de télé quand à 19 heures, les séries brésiliennes démarrent : ils ont tué tout suspense en une demi-heure. Un comble au pays des telenovelas et leurs scenarii sans fin. 
JEU, SEPT ET MATCH 
Le second acte promet d’être long pour les fans - brésiliens ou non - qui n’en finissent plus de passer leurs mains sur leurs visages blafards. Ce ne sont pas les chutes de leurs joueurs (Fred, Oscar, Maicon) dans la surface de réparation qui vont leur redonner des couleurs. Tandis que l’homme au sifflet M. Marco Rodriguez reste stoïque devant ces fautes inexistantes, Neuer lui construit un peu plus sa légende : celle d’un Mur de Berlin. 

Comme ce double arrêt à la 52ème minute face au nouvel entrant Paulinho. De l’autre côté, les remplaçants s’en donnent à cœur joie. Rentré à la place du record breaker Klose, Schürrle après un premier but, inscrit le plus beau de la rencontre : contrôle du droit puis frappe du gauche sous la barre ! S’en est trop pour ces hommes et femmes, ces jeunes et vieux, unis dans l’atrocité de la douleur ! Alors, des « olé » vengeurs descendent des tribunes, accompagnent chaque passe allemande. Derniers faits d’une partie où Oscar sauva ce qu’il restait de l’honneur bafoué du pays du futbol qu’on avait pris le temps de connaître et d’admirer. 

DEUTSCHE QUALITÄT & SAUDADE
« Comme si on frappait quelqu’un qu’on connaissait ! ». Aveu déchirant d’un admirateur de la Seleçao, un de ces instants de lucidité extrême que la peine enfante parfois. Ce 8 juillet, le quintuple champion du monde est allé sept fois au tapis, concédant la plus lourde défaite de sa riche histoire, (7-1). Et pourtant, les Allemands ont respectueusement dansé autour d’eux en fin de première mi-temps et en seconde, en cherchant le bon moment pour placer l’attaque. Comme s’ils avaient enfilé les chaussures montantes de Mohamed Ali. Apeurés, tétanisés par une phénoménale pression, les hommes de Scolari ont manqué de folie, celle qu’Hulk au jeu stéréotypé n’a pas su apporter. Ses coéquipiers et lui ont préféré rester dans leurs quartiers, comme un homme à l’agonie se retirerait pour vivre ses derniers instants. Ce Brésil avec ses mèches blondes, celles de Neymar, a tenté de faire illusion, paraître dans le coup mais la qualité était ailleurs : côté allemand. A l’image d’un Toni Kroos, qui réussit presque tout ce qu’il tenta, l’Allemagne s’est appliquée. Ce pressing haut exercé entre autres par un Khedira souvent aux avant-postes, ces passes courtes et précises, ces projections rapides vers l’avant et ce sang-froid au moment du tir, soient autant d’éléments certifiés Deutsche Qualität, slogan d'un célèbre constructeur automobile. Cet accident, ce krach, ce « mardi noir » fait déjà date. Ce Mondial 2014 boudé par une partie de la population, empêtrée dans les difficultés et le spleen, aura coûté bien plus que les 11 milliards de dollars (environ 5.500.000.000.000 milliards de francs CFA) investis. Le « Brésil de Papa », celui du roi Pelé et ses exploits qu’on nous a racontés, celui de notre enfance où nous imaginions avec le toucher de balle de Rivaldo, l’intelligence de jeu de Ronaldo, ou encore la technique de Ronaldinho, sans oublier le bolide Roberto Carlos, n’est plus ! Face à une Allemagne plus séduisante qu’une berline de luxe, il a péri. Saudade.



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