THOMAS MÜLLER, LE PETER PARKER DU FOOT

01 - 07 - 2014 | Chon Crick

Thomas Müller pourrait être un super-héros qu’on n’en saurait rien. Ce jeune homme - qui fêtera ses vingt-cinq ans le 13 septembre prochain – est discret, plus discret que ces fêtards qui pour éviter de réveiller leurs parents marchent sur la pointe des pieds. La fête lui, il la fait aux gardiens comme avant lui son homonyme Gerd. Déjà quatre buts inscrits en autant de rencontres depuis le début du Mondial, soit autant que Neymar et Messi qui portent leur sélection respective à bout de bras. Mais vous ne verrez pas d’affiches de l’allemand. De fans hystériques qui hurlent son nom, vous n’entendrez pas. De spectatrices qui pleurent en le voyant, vous ne verrez pas. Il n’y a que sur les terrains verts qu’il affiche ce charisme de héros ordinaire.
ORFÈVRE EN SIMPLICITÉ
Chaussettes baissées, protège-tibias transparents, des « échasses » aussi longues que celles d’un héron, le joueur de la Mannschaft passe rarement inaperçu sur un terrain de foot, sauf aux yeux de Maradona. Mars 2010, l’Allemagne reçoit l’Argentine. Le maigrichon qui fête ce soir-là sa première convocation est choisi pour la conférence de presse, ce qui horripile le champion du monde 86 : « Pourquoi avez-vous amené un ramasseur de balle à ma conférence ? », demande-t-il. Le ball boy repart comme il  est venu, dans l’anonymat. Sa réponse, il la donne plus tard, sur le sol sud-africain. Au milieu du bourdonnement des vuvuzela, le « nouvel ami de Maradona » inscrit le premier but d’un quart de finale, facilement remporté (4-0). On attend toujours de savoir si Müller a accepté le friend request envoyé par Maradona… Cette anecdote aura au moins eu le mérite de mettre en lumière un joueur adroit au jeu dépouillé, un « orfèvre en simplicité » pour reprendre les mots du dialoguiste Michel Audiard qui se définissait comme « un orfèvre en imbécilité ». 
DE MÜLLER Á PETER PARKER 
Bien malin celui qui peut dire quel poste Müller occupe ! Que ce soit au Bayern ou en sélection, rares sont ceux qui détiennent la réponse. Quand Guardiola le fait jouer ailier droit à la place de Robben, la semaine qui suit Löw le met avant-centre. Et vice versa. Mais au fond, peu importe. Tel un pare-brise un jour de pluie diluvienne, il balaie le front de l’attaque, et surtout explose de joie quand il marque. 

Et ce visage qui s’illumine de plaisir apparaît souvent sur les écrans de télévision. Neuf fois depuis qu’il fit ses premiers pas dans un Mondial, en 2010 ! Le Soulier d’Or* de l’édition précédente n’a même pas encore un quart de siècle et il peut déjà sereinement envisager de battre le record (15 buts) de  La compétition, détenu par son compatriote Klose et Ronaldo ! Mais le plus étrange ici, ce n’est pas tant son aptitude à être décisif mais plutôt celle à disparaître pour surgir au bon moment. Tandis que tout au long d’une rencontre, Toni Kroos redoutable frappeur essaie d’attraper la lucarne, que Lahm facture gracieusement ses centres, lui s’éclipse comme un super-héros dans la nuit. 

Quand on regarde sa bouille d’adolescent, cette chute soit disant travaillée face à l’Algérie, tout ou presque nous rappelle Peter Parker, nom à l’état civil de Spider-Man. Ce lycéen maladroit qui piqué par une araignée tisse depuis des toiles dans la ville, en guise d’attrape-bandits. C’est Andrew Garfield - vu dans The Social Network, aux  côtés de Justin Timberlake – qui est le nouvel interprète de l’homme-araignée, le même Andrew Garfield qui ressemble à…Thomas Müller. Même corps frêle, même coupe capillaire et même année où le succès démarre, 2010. Une ressemblance presqu’aussi troublante que celle entre deux faux jumeaux. D’un côté, Peter Parker/Spider-Man à New-York et de l’autre côté de l’Atlantique, son « frère » Thomas Müller/Ghost-Man**.   « Le football se joue à onze contre onze et à la fin, ce sont les allemands qui gagnent ». Vieil adage qui colle à la peau d’une équipe nationale « impitoyable », « pragmatique ». De nombreuses nations se sont heurtées à ce mur de Berlin, à commencer par Platini et les siens. Souvenez-vous, Séville 1982. Que Varane  et les Bleus – leurs adversaires, ce soir - s’en rappellent. Müller entretenant si bien ce folklore, on serait tentés de dire : « Le football se joue à onze contre onze, et à la fin c’est Müller qui marque ».  

(*) Le titre de meilleur buteur.
(**) C’est également le nom d’un reggaeman tunisien. 



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