ORANJE AMÈRES POUR LA ROJA !

14 - 06 - 2014 | Chon Crick

Il y a quatre ans de cela, ils se laissaient dos à dos, à Johannesburg. Au terme d’un match haché où les crampons des hollandais firent souvent connaissance avec les chevilles des espagnols, Iniesta offrit le titre aux siens (1-0). Plus alléchante qu’une offre d’emploi dans un journal, cette affiche promettait. Et une fois n’est pas coutume, on ne nous a pas trompé sur la marchandise. L’ESPAGNE JOUE Á TERRE, VAN PERSIE S’ENVOLE
Dans ce Brésil - membre des BRICS comme l’hôte précédent, la revanche se déroule sous les yeux de quelques 48.000 spectateurs. Et ce public de l’Arena Fonte Nova conspue l’hispano-brésilien Diego Costa dès qu’il reçoit le ballon. Ils en veulent à ce puissant attaquant qui a choisi la Roja où les places sont chères, plutôt que pour la Seleçao sans grand avant-centre. N’en déplaise à ce douzième homme chahuteur, il obtient un pénalty …généreux. Xabi Alonso juge impartial sanctionne ces Oranje à peine mûrs, qui auraient pu ouvrir le score si Sneijder n’avait pas échoué plus tôt face à son ancien coéquipier Casillas. L’Espagne mène, l’Espagne déroule son jeu de passes. Iniesta en confectionne une à l’abri des regards et sert Silva mais le portier hollandais Cillessen repousse sa tentative (43ème minute). Dans la minute qui suit, on le voit enfin. On espérait le voir secrètement, lui et son bras gauche désarticulé, se promener avec élégance sur la pelouse. Finalement, on voit sa…tête. Sur une transversale de Blind, Robin Van Persie sort sa cape et s’envole pour tromper un Casillas, une nouvelle fois trop avancé comme lors de la finale de la Champions League
LA RÉINCARNATION DE BERGKAMP 
San Iker, un esprit tourmenté dans un corps en déséquilibre. Passé lui aussi par le club madrilène, Arjen « Left Foot » Robben joue les équilibristes. 53ème minute, Blind encore à la passe, Robben amortit le ballon comme la feuille retient la goutte d’eau, puis crochète Piqué, (2-1). Brillantissime ! Un but tout en toucher qui en rappelle un autre…Seize auparavant, Dennis Bergkamp - néerlandais aux pieds de velours - inscrivait lui aussi un but après un contrôle en extension, au Mondial 98. N’eut été la calvitie du gaucher chauve, on aurait dit le droitier blond, sorti de sa retraite. 

La retraite, Casillas en semble malheureusement proche. Bousculé dans les airs avant que Vrij n’en profite (3-1), puis maladroit sur un contrôle que Captain Van Persie exploite (4-1), sa soirée a été longue, très longue. Left Foot, qui voulait tellement inscrire son doublé qu’il oublia un coéquipier démarqué, lui offre une cinquième et dernière danse. La danse des (jeunes) Loups

RIGUEUR HOLLANDAISE ET DÉSORDRE ESPAGNOL
Les protégés de Louis Van Gaal, novices en la matière pour la plupart, ont donc dominé les hommes du moustachu Del Bosque. Alignés en 4-2-3-1, les tenants du titre ont fini dans un système proche du 2-7-1. Les latéraux Alba et Azpilicueta sont venus s’ajouter à un milieu de terrain déjà embouteillé, notamment dans l’axe. Iniesta a complètement délaissé son couloir gauche et de l’autre côté, Silva en a fait autant. Ce même Silva qui à la 68ème minute passa près de l’égalisation, avec son but refusé pour hors-jeu. Une des rares occasions, pour les coéquipiers de Xavi – aux abonnés absents - incapables de réagir en seconde période, comme si jouer avec un vrai avant-centre (Diego Costa puis Torrès) les avait perturbés. D’ordinaire, ils évoluent en 4-6-0 avec Fabregas en neuf fantôme. Les milieux se projettent alors au lieu de conserver le ballon indéfiniment, comme ce soir. Cette impuissance s’est traduite par une possession stérile, 59% (chiffres FIFA). LVG a bien joué le coup avec son 3-5-2. Les transversales de Blind ont fait mal à la défense espagnole. Un jeu direct, des joueurs qui vont rapidement vers l’avant et surtout des  postes respectés du début à la fin de la rencontre. Le futur coach de Manchester, passé notamment par le Barça et le Bayern, a apporté de la rigueur à une équipe plus connue pour ses individualités que son jeu collectif. Les solistes Robben et Van Persie - élu homme du match - ont dirigé avec brio un orchestre qui a donné le « la ». La Coupe du Monde a véritablement commencé, ce soir.



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