MOONLIGHT, TOLÉRANCE HÉROS

29 - 03 - 2017 | Chon Crick

Les super-héros qu’on découvre puis apprécie ont souvent le même parcours : d’un drame qu’ils ont vécu, ils tirent leur force. Orphelin à l’issue d’un braquage qui tourne mal, Bruce Wayne devient l’homme chauve-souris Batman. Mordu par une araignée génétiquement modifiée, Peter Parker devient Spiderman. Et, face aux fauteurs de trouble, ils appliquent la tolérance zéro.
Tout le contraire de Chiron (prononcez Chaïron), main character du drame récemment oscarisé Moonlight.

LIL THE KID 
C’est dans un Miami, où l’on imagine les dealers fourbir leurs armes dans la chaleur de la Nuit, que le petit garçon chétif vit auprès d’une mère qui préfère les petits cristaux addictifs à ceux de Swaroski. Souffre-douleur de ses camarades de jeu, « Lil » grandit sans figure paternelle. Jusqu’à sa rencontre avec le dealer Juan. Le premier des trois chapitres, où on le voit grandir pour devenir un adulte en quête d’identité.
Et au milieu de lui, gravitent, vieillissent des hommes et des femmes à l’apparence trompeuse. 

VISAGES CASSÉS ET GUEULES D’ANGE
Alex Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes ou les trois acteurs qui tour à tour jouent Chiron. Ils donnent forme à ce passager clandestin, d’une vie dont on ne lui a rien appris ou si peu.
Dur-à-cuire, à feux doux, le presque-toujours-placide Juan est l’un des rares à lui avoir enseigné quelques leçons. Lui, le trafiquant aux boucles d’oreilles scintillantes et à la gueule d’ange, interprété par le fraîchement oscarisé Mahershala Ali.
Á ses côtés, sa compagne Teresa (Janelle Monae). La jeune femme afrosement belle joue les mères de substitution depuis que la vraie l’a abandonnée. C’est la James Bond Girl Naomie Harris qui a été choisie pour interpréter cette mère, et son péché mignon qui lui jaunit les dents et lui vieillit ses jolis traits.
Ces gens ordinaires que le réalisateur Barry Jenkins a choisis sont si bien filmés que l’on pourrait voir les traces des coups durs qu’ils ont reçus, sur leur visage. L’une des forces de cette odyssée - qui dure moins de deux heures.

LA MÉCHANCETÉ SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS
Loin de Loving, récit mièvre d’une bataille juridique pourtant historique entre un couple mixte et un état ségrégationniste, et de Hidden Figures, histoire aimable de ces brillantes femmes noires qui ont aidé des astronautes à décrocher la Lune. Non, cette adaptation à l’écran d’une pièce de théâtre, In moonlight black boys look blue, n’a rien avoir avec ces films récents sur ou avec des héros afro-américains.
Qu’on ne se trompe pas : Moonlight est un film sur la communauté afro-américaine, et ces étiquettes de mâle dominant qu’on lui colle, mais pas communautaire !
L’histoire de ce garçon qui atteint l’âge adulte, en ne sachant pas qui il est vraiment, est somme toute banale. La lenteur de l’intrigue dessert parfois ce long-métrage, qui a été tourné en…25 jours. Et pourtant, Moonlight est clairement un film à part. 

Á la faveur d’un esthétisme recherché à outrance, certains éléments ressortent plus que d’autres.
Ainsi, l’ambiance des plans nocturnes, sur la plage notamment, rendrait poétique le plus allergique aux mots ! La mélodie des sentiments amoureux enfouis, durant de longues années, rendrait jaloux Drake ! Les retrouvailles entre deux amants d’un soir, placées sous le signe de la timidité, celle de Chiron, c’est avec la même maîtrise que Jenkins les a mis scène.
Et quand à l’âge où les gamins séparent le bon grain de l’ivraie, l’enfant demande : « Qu’est-ce qu’une tarlouze ? », le cinéaste indépendant rappelle que : « La méchanceté sort de la bouche des enfants ».

Les trois héros qu’on découvre puis apprécie, l’un après l’autre, tirent leur force du drame qu’ils ont vécu et font preuve d’une tolérance héros : mélange entre force intérieure et faiblesse extérieure.
 



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