LE BALLON D'OR DANS LES PIEDS D'INIESTA

13 - 12 - 2016 | Chon Crick

La lumière nocturne allongeant à l’infini ces corps tout juste éclairés à l’aide de smartphones, qui marchent dans la rue, tu la fuis toi l’homme de l’ombre. Depuis hier, le monde rend gloire à ce grand portugais droitier pendant que toi, tu restes dans la pénombre.

Pendant longtemps, nous avons eu du mal à te voir, à ne pas serrer le visage quand ils disaient ton nom : « Andrès Iniesta ».
Entre nous, tout avait si mal commencé, un soir de 2009.
Ce mercredi 6 Mai, tu as trompé Petr, qui pourtant n’est pas un Cech en bois. Aujourd’hui encore, les vidéos de cette frappe que tu as expédiée dans la lucarne, sont insoutenables.
Depuis cette nuit-là, ton but en finale de la Coupe de la Monde 2010, l’Euro 2012 et cette finale où tu as disséminé les graines de ton talent partout sur la verte pelouse, nous les avons vus en différé. De peur de « partir en live » en te voyant.
Et puis un jour, les effets de la goubestine, spleen version ivoirienne, se sont estompés.
Mais les louanges autour de ce Lionel qui pour beaucoup est le Messi, les attalaku – plus nombreux que dans un n’dombolo -sur ce Cristiano Ronaldominant le Monde, ont compliqué encore un peu plus la tâche.
Tu as d’abord suscité les doutes (« Donc c’est lui Iniesta ? »), l’incompréhension (« Comment il a fait ça ? ») avant l’admiration : « Le football, c’est lui ! ».
Oui pour nous, tu es le football, ce sport qui consiste à ce qu’on te paie un tribut d’éloges même quand tu n’empiles pas les buts.

Tu crées des espaces, dans lesquels tes coéquipiers s’engouffrent, comme d’autres des vêtements qui étoffent.
Tu confectionnes des passes, à l’abri des regards indiscrets, comme un premier de la classe qui cache, derrière ses lunettes, ses talents secrets.
Tu multiplies les double-contacts pour te débarrasser de ces défenseurs à la réputation intacte.
Malgré leurs nombreuses avances musclées & répétées, tu ne te sépares jamais du ballon. Alors, ils finissent par baisser pavillon.

Quand tu marques, tu ne fais jamais les choses à moitié comme cette frappe dans la lucarne (encore !) de Navas, un soir de Novembre 2015.
Comme un certain Ronaldinho avant toi, tu as reçu, ce soir là, sous les ovations d’un public madrilène.
Le football étant ajourd’hui une science exacte, avec toutes ces statistiques, tu n’as jamais eu de Ballon d’Or.
Il ne reste que quelques années pour que nous profitions encore de tes pieds en or.

Un jour, caché derrière un paravent de doigts, ils verront que le ballon dort dans les pieds d’un homme de l’ombre : Andrès Iniesta.



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