ABIDJAN LIT UN PEU, BEAUCOUP, PASSIONÉMENT

10 - 12 - 2016 | Chon Crick

C’est à l’Espace Créateurs N’Zassa à quelques mètres du Lycée Technique qu’« Abidjan Lit » a lieu. Second chapitre de ce rendez-vous littéraire bimestriel, où il y a des mots et débats. Ce soir, ce sont les mauvais genres qui sont au centre de la discussion.

DES GOÛTS ET DES MOTS

Une dizaine de personnes sont déjà présentes dans cette salle de quelques mètres carrés, qui dispose d’une mezzanine. Assis sur quelques chaises blanches, disposées de part et d’autre, certains ont les yeux plongés dans leur livre tandis que d’autres quelques mots plein la bouche. Avec le bruit des voitures, qui roulent sur le bitume, en fond sonore.
« Bonsoir Abidjan Lit ! », lance l’une des organisatrices Edwige. Coupe afro, sourire accueillant, tenue colorée, la jeune femme souhaite ainsi la bienvenue aux participants. Blogueurs, curieux, danseur, écrivains, journalistes, « romantiques » qui lisent beaucoup les romans, il  y en  a pour tous les goûts.
Chemise blanche sans manches, blue jeans, à peine perchée sur ses talons de quelques centimètres, Laure, responsable de l’événement également, lit un extrait de La Vie et demie de Sony Labou Tansi. La scène de torture qu’elle a lue suscite « dégoût » chez les uns et « envie de lire » chez les autres. Si les avis divergent, tous considèrent que le mauvais genre est « celui qui n’est pas considéré par ses pairs ».

LIBRAIRIES PAR TERRE ET PHYLACTÈRE

« Chacun peut prendre le bâton de parole », précise Sarah qui est de mèche avec de longues tresses fines.
 L’un après l’autre, les participants font alors leur coming out, révèlent leurs lectures coupables. « Je lisais S.A.S ! », confie ce jeune homme aux lunettes XL. « On fouillait nos sacs pour voir si on en avait, à l’entrée de l’école (ndlr) », poursuit-il. Les sourires se dessinent sur certains visages, quand ces souvenirs d’adolescence remontent à la surface.

Quelques-uns évoquent les leurs, ces libraires-par-terre, et leurs vieux livres posés sur une bâche noire ou à même le sol, tandis que d’autres esquissent les phylactères de ces bandes-dessinées qui ont bercé leur enfance.
Partis sur La Piste de Brazzaville, à voix haute, ils reprennent le débat sur le mauvais genre qui serait « politiquement incorrect ». « Ce sont les élites qui l’ont introduit » affirme ce monsieur folâtre avant de poursuivre : « Ceux qui décident ne savent pas tout ! ».

MÉLANGE DES GENRES

Il est un peu plus de vingt heures. Quelques retardataires prennent le train lancé à grande vitesse, depuis bientôt deux heures maintenant. Les amoureux de BD, mangas, romans ou autres mille feuilles, lancent une nouvelle fournée de ce mauvais genre dont on ne connaît que le goût mais pas les ingrédients.
Jeune rappeur à la barbe clairsemée, Aziz joue les maîtres cuisiniers en servant un rap cru à la sauce mélancolique. Des applaudissements brisent le silence. 

Tour à tour, chacun donne son avis sur le rap. Ceux qui ont fait « beaucoup de MJC » déclarent leur amour pour Oxmo Puccino – entre autres. Ceux « qui n’aiment pas le rap d’aujourd’hui » considèrent que : « C’est un mauvais genre ! ». La littérature n’aurait donc pas le monopole de l’imperfection. Cette imperfection que les textes afro-cyniques du peintre Paul Sika mettent en lumière.
Se faufilant lentement entre les invités, marquant un temps d’arrêt devant chaque visage ou presque, les yeux dans les yeux, Edwige étale sa gestique de comédienne pour lire des textes de Sappho avant de balancer ses feuilles. Derniers vers avant de boire ceux qui sont à l’étage.

Ainsi se clôt le second chapitre d’Abidjan Lit, qui doit « permettre à des gens de tous les genres de se rencontrer ».



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