LE JOUR OÚ DENNIS BERGKAMP PRIT L’AVION

05 - 07 - 2014 | Chon Crick

Avant que Robben ne réalise un contrôle porte-manteau pour battre Casillas, qu’il interprète librement la fable de la «Feuille & la Goutte d’Eau», il eut Dennis Bergkamp. Dennis Bergkamp a deux phobies dans la vie : l’avion et les gestes ordinaires. L’ancien attaquant des Pays-Bas a une sainte horreur de ces «albatros métalliques», mais aussi et surtout des actions anodines. Celles qui  tombent dans l’oubli, ce puits sans fond. Aussi, il tenta régulièrement de marquer les esprits, avec élégance. Comme ce jour de juillet 98, où contre toute attente il prit l’avion.
Ce samedi 04 juillet, ils sont 55.000 spectateurs venus assister à Pays-Bas/Argentine, quart de finale de France 98. C’est à Marseille que se déroule, cette finale avant l’heure. Duels à tous les étages ou presque, entre Edgar Davids et ses dreadlocks qui couvrent tout le terrain et l’homme-à-tout-bien-faire au crâne nu Juan Sebastiàn Veron. Celui entre Gabriel «Batigoal» Batistuta et Patrick Kluivert, aussi à l’aise à la passe que dans la finition. And last but not least, le face-à-face Ortega/Bergkamp. La route qui mène au dernier carré passe par leurs pieds de velours.

BERGKAMP POSE LA PREMIÈRE COUCHE
Difficiles vainqueurs de la Yougoslavie (2-1) en 8èmes, les hommes de Guus Hiddink déclenchent les hostilités. 12ème minute, Ronald De Boer s’avance dans la défense de l’Albiceleste et trouve Dennis l’altruiste. D’un astucieux coup de casque, le blond svelte place son avant-centre dans des conditions idéales. Kluivert ne se fait pas prier, 1-0 pour la Hollande. Trop heureux, le neuf se précipite vers le poteau de corner en guise de célébration et, oublie au passage le passeur qui en une fraction de secondes avait pourtant ouvert une brèche de la taille du Grand Canyon.
Les hollandais démarrent mieux qu’il y a quatre ans où sur le sol américain, ils avaient été battus par le futur vainqueur de l’épreuve, le Brésil. Mais l’Argentine de Passarella répond cinq minutes plus tard. Veron lance en profondeur le gaucher Claudio Lopez. Le ballon se faufile entre les jambes de Van Der Sar, déséquilibré par une feinte de l’attaquant argentin. Tandis que son adversaire d’un soir s’en sort avec la mention «peut mieux faire», Ortega lui subi les foudres des défenseurs néerlandais (Numan et Stam). Les deux équipes rejoignent les vestiaires sur ce score de parité.

LES DEUX ÉQUIPES VOIENT ROUGE

Comme en première période, les Pays-Bas tentent de prendre le dessus. De Boer exécute une touche, Bergkamp essaie de surprendre le portier argentin. Mais sa rapidité d’exécution ne trompe pas Carlos Roa, vigilant sur le coup. 

Très souvent lors des grandes confrontations, les tibias se frottent, les corps s’envolent et les cartons tombent. Déjà à l’origine de l’expulsion de David Beckham au tour précédent, Diego Simeone est à noveau impliqué dans un fait de jeu. Pas de coup de pied de Becks cette fois-ci, juste un Numan en retard. Second jaune pour le latéral gauche qui gagne le droit de se retirer avant les autres. Dix minutes plus tard, Ortega le rejoint. Coupable d’avoir répondu à un Van Der Sar venu lui dire deux mots après qu’il se soit écroulé dans la surface.
Privés de leur meneur, les argentins reculent pour ne pas perdre. S’ils tiennent bon, ils pourront peut-être après les anglais, sortir les Oranje aux tirs aux buts.
  
UN BUT D'ANTHOLOGIE 
Enorgueilli par ce brassard qu’il porte, Frank De Boer avance fièrement. Personne ne l’attaque. Sous ce soleil en expédition punitive, sa vision ne souffre pas. Au loin, il aperçoit même un Bergkamp à quelques mètres d’un Roberto Ayala, aussi rigoureux qu’un agent de sécurité aérienne. Avec son pied gauche précis, Captain Frank envoie un long ballon à son coéquipier aviophobe. Son garde du corps connaît l’histoire, celle d’un homme qui à la suite d’une fausse alerte à la bombe sur un vol où la Hollande devait embarquer décida de ne plus voler. Impossible donc que le numéro 8 décolle. 

Et pourtant à cette 89ème minute qui aujourd'hui appartient à l'éternité, il s’envole vers cet objet circulaire, l’apprivoise d’un amorti, puis le fait rebondir pour éviter que la patrouille ne le reprenne avant de le propulser hors de portée du dernier rempart. Battu à la régulière, les mains sur les hanches, Ayala cherche encore à comprendre. Bergkamp lui court, lève les bras avant de s’effondrer. Il vient de «vaincre» sa phobie.
S’ils veulent battre le Costa Rica, Captain Van Persie – affaibli par la chaleur, face au Mexique – et les siens savent ce qu’ils leur restent à faire : emprunter le moyen de transport le plus sûr au monde.
Et dire qu’après avoir essuyé ses crampons sur Mihajlovic le match précédent, il aurait pu ne jamais disputer cette rencontre. Mais à l’instar d’un Zidane – suspendu pour un vilain geste sur un saoudien au premier tour avant d’offrir quelques semaines plus tard la victoire finale, les génies se métamorphosent.
Cette après-midi-là «au pays de Baudelaire», un homme se transforma en albatros. 



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