MHD: ON A FAIT LE MOUV

30 - 07 - 2016 | Chon Crick

« Ma chérie pourquoi tu l’as laissée passer ? », demande cette jeune femme contrariée par ces personnes qui passent devant certains - plutôt que faire la queue.
Ce vendredi 29 Juillet, c’est une longue file monstrueuse qui se dessine péniblement aux alentours du Palais de la Culture d’Abidjan (PCA), à Treichville, pour le concert du « prince de l’Afro-Trap » : MHD.

SOUS LE SOLEIL

Au milieu des vendeurs ambulants qui tendent des bouteilles d’eau et des voitures qui roulent au ralenti, filles et garçons, parfois à peine plongés dans l’adolescence, attendent sous le soleil.
Dans cette foule compacte, ce se sont les mêmes silhouettes qui apparaissent comme s’ils étaient tous issus du même moule.
D’un côté, ces êtres chair en legging ou dans un skinny, mais aussi ces petits modèles tressés ou nappy patientent sous les yeux de garçons bien coiffés, en short ou « bas tuyau »[1], vêtus d’un maillot de foot ou d’un tee-shirt à mot d’ordre, prenant leur pied en mocassin ou en basket, tous ont soigné leur apparence pour une ressemblance qui pique les yeux.
Jusqu’à ces
lunettes de soleil clubmaster, les mêmes que celles du chanteur.


Forces de l’ordre, personnel de sécurité – gros bras ou petites mains, la sécurité à l’extérieur et à l’intérieur de la salle de spectacle est omniprésente.
Barrages, filtres, palpations, les détenteurs de billets sont soumis à de nombreux contrôles et par conséquent, le retard est inévitable.

DE MC ONE Á FORCE ONE

Il est un peu moins de 18 heures quand le spectacle - initialement prévu à 17 heures - démarre finalement, malgré ces retardataires qui cherchent une place à défaut de LA bonne dans ce PCA.
De nombreux artistes défilent sur la petite scène du Palais. De Guyzo le Choco à Jupiter, en passant par Lyah Akici, rares sont ceux qui ont réellement enflammé le public.
Chose qu’ont réussie Suspect 95 « pour qui enfant de boss, c’est boss ! » et surtout le petit protégé de Kedjevara, MC One. Entré sur scène au son du remix de Ngatie Abedie, l’adolescent aux cheveux colorés, le Brevet en poche, a fait se lever le public.
D’autres aussi ont fait bouger les nombreux spectateurs impatients : Force One. Le duo a notamment fait briller sur Snapchat les jeunes filles – déjà scintillantes avec leur gyrofard [2].
Il est 20 heures, la première partie s’achève ainsi, plus que quelques minutes avant que Mohamed Sylla – son vrai nom – n’arrive avec ses sons prêts-à-consommer.

[1] L’autre nom du slim
[2] Maquillage trop criard

LA FATIGUE PASSE Á LA TRAP
Le compte à rebours s’égrène au rythme de ces benguistes, chocos, locaux qui donnent de la voix. Puis vient le moment qu’ils attendaient tous, petits et grands – venus accompagner ou s’enjailler.
Accompagné de ses deux amis, AP et Baki, MHD fait son entrée, et ces « mélotrap », amoureux de ce genre, exultent de joie.
Vêtu aux couleurs des Golden State Warriors et de leur chef Curry, le jeune chanteur mince commence « Molo Molo » enchaînant quelques titres de son album éponyme tels que « Amina » ou « Tout Seul », avant de tester « ce public qui est chaud ce soir ».

Revenu avec un maillot de la Côte d’Ivoire sur les épaules, le vingtenaire, disque d’or depuis peu, exécute alors avec précision des pas de danse ivoirienne. Les lumières des smartphones, greffés aux mains de leur propriétaire nomophobe, éclairent le trappeur devenu danseur de coupé décalé, à la nuit tombée sur un  Plateau vide.

Les cris de joie résonnent dans le Palais de la Culture – et ses allées remplies de spectateurs malchanceux, quand Arafat entre sur scène. Les deux artistes se défient au son de « Maplôrly » devant une salle déjà ivre de bonheur. La petite apparition de Gradur, et sa trap musclée comme celle Kaaris, fait elle aussi son effet. 

Ces 12-18 ans sur les sièges pour apercevoir leur idole, ces jeunes vieux dans la poche, le rappeur pêchu « content d’être à Abidjan » pose le micro par terre et regarde le public faire le Mouv.
Chacun à son tour fait donc mine de jouer de la guitare dans le vent, en levant les talons – par intermittence. Les corps bougent à l’unisson déjà quand il s’y met aussi. Ca y est, la fatigue est passée à la Trap !
La version originale puis le remix version Didier Drogba les font danser comme Roger Milla avant que « Ngatie Abedie », ne les achèvent.

Les 90 minutes que MHD a passées sur scène, avec un service d’ordre parfois sur les dents, n’ont que très peu été entrecoupées. Le lien avec ceux « grâce à qui il est là aujourd’hui » est là et bien visible.

Comme l’immense satisfaction qui se lie sur le visage de la jeune femme contrariée qui n’a pas laissé passer l’occasion de s’enjailler.



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