TRIPLE 9: ENTRE HEAT ET TAKERS

14 - 07 - 2016 | Chon Crick

[Article certifié sans spoil ou presque !]

ATLANTA, CAPITALE DU CRIME
Dans la chaleur moite d’Atlanta – qui fait perdre la tête quand ce ne sont pas les gangs-mexicains-coupeurs-de-tête, Michael Atwood (Chiwetel Ejiofor) mène une équipe de braqueurs minutieux.
Les casses que ces ex-militaires ou flics pour la plupart ont réalisés sont pour le compte de la mafia russe juive, et ses méthodes sang pour sang efficaces. Mais le jour où la « Kasher Nostra[1] » leur confie un nouveau cambriolage périlleux, ils doivent d’abord abattre un officier ! Ou un 999 en langage codé.
ET, AU MILIEU KATE SE PROMÈNE
Ex-soldat corrompu chez Blackwater, Mike est un dur-à-cuire dont le cœur ne bat que pour son jeune fils, qu’il voit peu. Entre deux rendez-vous encadrés avec sa progéniture, ce papa gangster dévalise des banques avec sa famille d’adoption.
Norman Reedus s’échappe de The Walking Dead - et ses zombies voraces, pour tenir le rôle du bras droit : Russell Welch. Atwood et lui se sont rencontrés dans la même compagnie militaire privée. Frères d’armes devenus braqueurs de haut vol.
Maillon faible du groupe qui ne durerait pas sur une île thaïlandaise, Gabe Welch – le petit frère – est un ancien officier de police, porté sur l’alcool et la drogue, toujours à deux doigts de craquer.
Les deux autres qui composent la bande sont aussi des forces de l’ordre : Franco Rodriguez et Marcus Belmont.
Cheveux bien coiffés, queue de cheval, costumes-sur-mesure, cet inquiétant officier latino cache derrière cette allure soignée une froideur implacable tandis que le second, détective black, bombe le torse pour cacher ses doutes. Surtout quand un ancien soldat (encore !), Chris Allen - interprété par le brillant Casey Affleck – vient jouer les boy scout à ses côtés.
Tout ce beau petit monde évolue, sans le savoir ou presque, sous les grands yeux maquillés d’une Kate Winslet méconnaissable en marraine mafieuse. Blonde aux longs cheveux, une chaîne de bijoux qui pourrait concurrencer celle d’un rappeur américain, l’actrice britannique oscarisée tient farouchement les rennes de son entreprise criminelle avec ses doigts manucurés.

Mais en dépit d’un casting plus alléchant qu’un « déshabillé de bananes plantains dorées à l’huile de palme », Triple 9  laisse un goût inachevé. Voir amer.

[1] Extrait du film

ENTRE HEAT ET TAKERS
Réalisateur entre autres de Lawless – l’histoire de trois frères contrebandiers au temps de la Dépression, John Hillcoat braque à nouveau sa caméra sur des hors-la-loi. Á la seule différence qu’ils sont cette fois munis de badges et de fusils d’assaut.
Le sifflement des balles dès la première scène, la course-poursuite qui s’ensuit, les talkies-walkies qui débitent des codes (999 : Officier à terre), autant d’éléments qui laisse entrevoir un film tourné à 100 l’heure. Mais ce sentiment n’est qu’éphèmère.
Tout comme la vague ressemblance avec le masterpiece Heat – réalisé par Michael Mann.
Hormis le fait que les deux groupes soient des braqueurs professionnels aux méthodes militaires en route pour leur dernier casse, les deux films n’ont pas grand-chose en commun.
Même ces plans larges d’Atlanta, que l’on retrouve souvent chez Mann, sont un trompe-l’œil. 

Autre différence, les personnages que le réalisateur australien Hillcoat a portés à l’écran pendant un peu moins de deux heures n’ont pas cette « humanité » à laquelle il est facile de s’identifier.
Mis à part ces failles qu’Aaron Paul avait déjà exposées quand il jouait l’instable au cœur fondant Jesse Pinkman dans Breaking Bad et qu’il ressort ici sous les traits marqués de Gabe Welch, ou le dilemme auquel Markus est rapidement confronté, il n’y a pas de Sympathy For the Devil.
Seul Jeffrey Allen – joué par Woody Harrelson, détective débraillé et tonton protecteur, s’attire cette sympathie.
S’il fallait que Triple 9 se rapproche d’un long-métrage, ce serait davantage une version deluxe de
Takers – l’histoire de braqueurs plus sapés comme jamais qu’insaisissables.


Malgré tout la plongée dans cet ATL[1] où tous les rêves passent à la
Trap, ces clubs de striptease, ces grands immeubles abandonnés, mais aussi ces logements sociaux, parfois « caves à drogues », vaut largement le détour.


[2] L'abréviation de trois mots pour Atlanta



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