LE DIX À PAPA

24 - 03 - 2016 | Chon Crick

Quand j’étais plus petit, Papa m’a dit le plus grand bien de toi. « C’est le meilleur joueur de l’équipe », répétait-il.
Aussi, chaque fois qu’un match passait à la télévision, je te cherchais. Mais, tu étais trop occupé à éviter les tacles assassins des défenseurs qui voulaient ton scalp, toi Œil-de-Lynx.
Et pourtant, tu arrivais toujours par des contrôles orientés à les désorienter.
Et pourtant, tu arrivais toujours par des feintes de corps à les momifier.
C’est ainsi que je suis tombé sous ton charme, toi le « dix à Papa ».
Tantôt le crâne dégarni, tantôt les cheveux au vent, quand ils ne sont pas retenus par un serre-tête, tu changeais de coupe mais tes prouesses elles ne variaient pas d’un pouce. De celles qui offrent la « coupe aux grandes oreilles ».
Et puis, tu as disparu petit à petit. Tu as quitté cet axe que tu aimais tant pour t’exiler sur les côtés.
Ils disent que c’est « le jeu qui veut ça ». Ils disent que « tu seras mieux là-bas ».
Mais a-t-on déjà vu un chef d’orchestre dirigé sa troupe depuis les gradins ?
Oh, de temps en temps, tu tentes bien une petite excursion protégés par des « irréductibles » - les « amoureux du beau jeu », qu’on les appelle – mais la patrouille technique te rattrape.
Au mieux, on te demande de balayer ton couloir de fond en comble.
Au pire, on te range parmi les vieux meubles, quand on ne te montre pas la porte. 
Peut-être qu’un jour, tu disparaîtras de ces champs de bataille. 
Peut-être qu’un jour, tu arrêteras de diriger la manœuvre. 

Ce jour-là, ils auront gagné ceux qui disent que « tu es trop lent », que « tu n’as pas ta place dans une équipe ».
D’ici là, je regarde tes « cousins éloignés » : ceux qui depuis l’arrière agissent pourtant en pleine lumière.
Il y en a un qui vaut le coup. Tu le verrais.
Barbe noir, chétif, ce monsieur a un drôle de prénom, « Andréa » qu’ils l’appellent.
Avec ce corps frêle, il mène les débats comme un animateur télé.

Généreux, il fait briller commentateurs et spectateurs, devenus « machines à éloge ». Qu’est-ce ça sera quand il prendra sa retraite ! Beau joueur, il fait aussi briller ceux qui gardent les cages. Pour la photo, sans doute.
Parce que quand il dessine ces longues courbes précises, il n’y a que la poitrine d’un attaquant, en route vers le but, qui l’amortit.
Parce que quand il touche le ballon, il n’y a que la lucarne qui l’accueille.
Tu as peut-être disparu, toi le « dix à Papa », « ce meneur à l’ancienne », mais ils sont encore quelques-uns qui nous font dresser les poils.
De quoi donner envie de porter, si ce n’est pas encore fait, cette « barbe à Papa ».



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