L'AMOUR 2.0

27 - 12 - 2013 | Jo Davis

-Hey, BB odk ?
-On est là, ça fait trop longtemps chouchou, tu viens kan ns voir ?
-Djoo, ye sais pas hein chéri, ms vs me mankez trop !
-En tout cas, ce qui est sûr on t'attend ici ! Miss uuu ma chérie
-miss u too, loviouuu  
Non, nous n'insisterons pas sur l'orthographe douteuse de cet échange.
Non, nous ne pointerons pas du doigt les expressions et onomatopées bien de chez nous. Par contre, nous relèverons une banale conversation « facebookienne » entre un gars et une fille visiblement séparé l'un de l'autre. Point de love PTT ici, juste une amitié platonique dirons-nous...
Mots doux, amour exacerbé, attention et intimité versées à la face du monde … Les « je t'aime, moi aussi » se multiplient à vitesse grand « V ». Ou plutôt les « love », « love u » , « LU » et autres déclinaisons. Une véritable surenchère de l'amour quand la distance nous préserve et nous rassure. Cette distance qui exhorte à tout se dire, sans retenue ni détour. En gros, l'effet « télé-réalité » qui décuple les sentiments.  
ATTRAPE-MOI SI TU PEUX !  
Communiquer n'a jamais été aussi facile. Et pourtant les vrais contacts se font rares ou sont laissés sans suite. La société se voit ainsi transformée. Les liens familiaux longtemps institutionnels – visites et dîners en famille – sont devenus des liens numériques via des mails, SMS, et autres messages instantanés. Reconnaissons que c'est une vision assez occidentale qui tend indéniablement à se généraliser : un petit SMS rempli d'amour ou un message Facebook revigorant pour servir d'excuses maladroites. C'est l'usage. Internet sauve en effet.
On peut tout dire et tout faire sans être confronté à notre protagoniste et ainsi réellement ressentir les frustrations, rancœurs, enthousiasmes et autres états d'âme contrariants. Par les réseaux sociaux, le sens même du mot famille évolue. La proximité est une expérience que l'on fait chaque jour et ce, plus la distance est grande. À la fois, frères, amis et amants, difficile de déterminer les frontières de nos relations. On vit le moment présent à fond dans cette bulle numérique. Toutefois, la « vraie  vie » reste encore hors des « murs » et nous sommes souvent frappés par le poids des mots qui n'ont d'un coup plus leur place.
Difficile d'agir comme on se l'était décrit, difficile de concrétiser cette intimité tant proclamée. À la manière des amis numériques que l'on ne connaît subitement plus dans la rue.
OUI NID YOU ...OU COMMENT METTRE DE L’ANGLAIS À TOUTES LES SAUCES !   
Langue internationale du numérique, l'anglais aussi sauve. Combien d'entre nous ne sont pas passés maître dans l'utilisation du « love you » préféré au francophone « je t'aime » plutôt archaïque dans son genre ?                                            

Les raisons sont encore non élucidées mais nous avons quelques théories à ce sujet. Commençons par la longueur des deux mots. Le « je t'aime » compte tout de même une lettre supplémentaire, non négligeable lorsqu'il s'agit de gagner du temps en pleine conversation instantanée ! Bon d'accord, nous pouvons mieux faire…
Dans « love you » il y a « amour », pas de déclinaisons ni de conjugaisons. L'anglais a cette capacité d'inclure plusieurs mots en un seul. Serait-ce une façon d'illustrer la portée ô combien  puissante de ce mot face à son homologue français ? Affaire à suivre …

Autre piste. Comme nous l'avons mentionné plus haut, les déclinaisons du mot anglais sont nombreuses. Voilà de quoi offrir à nos adeptes anglicistes un large choix de mots afin d'émoustiller le destinataire. Pour les abréviations en français, on repassera …
Enfin, l'idée que nous retiendrons certainement tous est la simplicité et la flexibilité que nous apportent les mots anglais. Sensation que l'on retrouve aisément dans certaines musiques : le sens importe peu tant que le beat est bon.

Nous devenons alors moins exigeants. Les mots fusent pour notre plus grand plaisir et aussi vulgaires ou tranchants soient-ils, nous n'en sommes pas responsables. La version française est d'ailleurs beaucoup moins agréable pour les oreilles. Si « love you » gagne le match c'est donc que nous souhaitons rester en « version originale ». Comme cette chanson que l'on entend sans vraiment l'écouter, celle que l'on vit dans l'instant présent, celle qui ne nous touche pas mais qui fait vibrer nos sens, en mode Up & Down de T-Pain.  

AMOUR « DÉCONNECTÉ »

Devenus de véritables « sites de rencontres pour personnes ayant déjà fait connaissance », nos réseaux sociaux préférés font l'apologie de l'amour dans toutes les conversations. Concours de petits noms de caresse, la palme est décernée aux traditionnels « chouchou » (« chou » pour les intimes) et « BB » (« baby » pour les bilingues), ex aequo !  
Mimétisme ou automatisme, ce besoin compulsif de proximité, pouvant être au mieux amusant et au pire agaçant, mérite une attention bien particulière. La connexion à n'importe quel prix n'est en effet pas toujours établie.
Mais soyons rassurés, dans ce cas les smileys sont là pour nous rappeler ce que l'on n'arrive visiblement pas à dire  <3 . L'amour du prochain n'aura jamais été aussi fort !       



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